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Un avenir volé :  comment la corruption nuit aux jeunes
Un avenir volé : comment la corruption nuit aux jeunes

QUAND LA CORRUPTION FAÇONNE LES TRAJECTOIRES DES JEUNES : ANALYSE D’UN RAPPORT MONDIAL AVENIR VOLÉ

Agbavonbienvenu

En février 2026, le United Nations Office on Drugs and Crime a publié un rapport majeur intitulé Stolen Futures: How Corruption Hurts Young People (Un avenir volé : comment la corruption nuit aux jeunes), fruit d’un processus inédit de consultations menées par des jeunes à travers le monde.

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Ce rapport n’est pas un document comme les autres. Il ne parle pas des jeunes, il parle avec eux. Il est le fruit d’un processus mondial de consultations mené par le YouthLed Integrity Advisory Board, réunissant 41 jeunes experts issus de 42 pays, dont le Team Lead de Leading Ethics Lab, Monsieur Roger Kodzo KLOMEGAH. 

À travers plus de 1 000 voix issues de 92 pays, dont 507 en Afrique, une réalité émerge : la corruption n’est pas une abstraction, elle est une expérience vécue, quotidienne, et profondément indigeste. Et au sein de cette dynamique, le Togo a contribué à hauteur d’environ 3,2 % des participants africains, témoignant de l’implication des jeunes togolais dans les réflexions globales sur l’intégrité.

Les conclusions du rapport sont sans équivoque : la corruption est une réalité quotidienne pour de nombreux jeunes, affectant leur accès aux opportunités, leur confiance dans les institutions et leur capacité à se projeter dans l’avenir.

Cinq domaines principaux sont particulièrement touchés :

1. L’éducation

Dans le secteur éducatif, la corruption compromet l’égalité des chances et sape la confiance dans les systèmes d’évaluation.

Comme l’exprime un jeune participant :« La corruption vole nos rêves avant même qu’ils ne commencent. Quand les opportunités s’achètent, le mérite disparaît. »

Entre paiements informels, favoritisme et manipulation des résultats, l’éducation cesse d’être un levier d’ascension sociale pour devenir un espace d’inégalité. 


2. L’emploi

Le rapport met en évidence une perception largement partagée : l’accès à l’emploi dépend davantage des relations que des compétences.

« Pour obtenir un emploi, il faut connaître quelqu’un ou payer quelqu’un. Le mérite n’a plus de sens. » Un autre témoignage souligne l’impact psychologique de cette réalité :

« Tu travailles dur… et le poste est donné à quelqu’un qui n’a pas fait les mêmes efforts. C’est démoralisant. » Ces pratiques affaiblissent la motivation et renforcent le sentiment d’injustice.


3. L’accès aux services publics

Dans de nombreux contextes, accéder à des services essentiels implique des pratiques informelles. « On doit payer pour faire avancer les choses. » révèle le rapport.

Qu’il s’agisse de santé, de documents administratifs ou d’infrastructures, la corruption devient une norme, compromettant l’équité et l’efficacité des services publics.


4. La confiance dans les institutions

La corruption affecte profondément la perception des institutions par les jeunes.

« Quand les jeunes voient que la malhonnêteté est récompensée, ils perdent intérêt pour la vie publique. »

Ce désengagement est renforcé par un sentiment d’impuissance, comme l’exprime un autre participant : « On se demande si ça vaut encore la peine de croire que les choses peuvent changer. »


5. Les groupes vulnérables

Le rapport souligne que la corruption affecte de manière disproportionnée les jeunes les plus vulnérables.

« La corruption garantit que les plus défavorisés restent défavorisés. » Pour ces groupes, les obstacles sont multiples : impossibilité de payer des pots-de-vin, discrimination, exclusion des opportunités. La corruption agit alors comme un facteur aggravant des inégalités sociales.


Des obstacles majeurs à la dénonciation de la corruption

Malgré leur exposition à ces pratiques, les jeunes rencontrent de nombreux obstacles lorsqu’il s’agit de signaler la corruption. « Tu sais que quelque chose ne va pas, mais tu ne peux pas risquer ton emploi, ta bourse ou ton avenir. » rappelle un autre jeune.


La peur des représailles, le manque de protection et la méfiance envers les institutions limitent fortement la dénonciation des pratiques corruptives.


Une corruption globale… mais des perceptions contrastées selon les régions

Si la corruption est identifiée partout comme un problème majeur, son intensité, sa visibilité et ses formes varient selon les régions.

  • En Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, les jeunes décrivent une corruption directe, visible et quotidienne, affectant leurs interactions avec les institutions. 
  • Dans les Amériques, les perceptions mettent davantage en avant les inégalités structurelles et les injustices systémiques. 
  • En Europe, la corruption est souvent perçue comme moins visible, avec des impacts jugés modérés ou indirects, bien qu’elle reste présente. 
  • Dans les Caraïbes, elle est associée à des expériences concrètes, notamment dans les services publics et l’accès aux opportunités. 

Ces différences montrent que la corruption est à la fois un phénomène global et profondément ancré dans des réalités locales.


Une jeunesse prête à s’engager

Malgré ces défis, le rapport met en évidence une volonté réelle d’engagement. Les jeunes souhaitent être acteurs du changement, à condition que des mécanismes de protection et des résultats concrets soient garantis.


Des recommandations pour renforcer l’intégrité

Le rapport formule plusieurs recommandations clés :

  • intégrer l’éducation à l’intégrité dans les systèmes éducatifs,
  • renforcer la participation des jeunes dans les processus décisionnels,
  • soutenir les initiatives portées par les jeunes,
  • améliorer les mécanismes de protection des lanceurs d’alerte,
  • promouvoir des outils de suivi citoyen.

Ces propositions visent à construire des systèmes plus transparents, inclusifs et responsables.


Leading Ethics Lab : un engagement pour l’intégrité

Pour le Team Lead de LEL, Roger Kodzo KLOMEGAH, les enseignements du rapport « Stolen Futures » résonnent avec force et rappellent que : « L’essor du continent africain repose principalement sur sa capacité à réduire considérablement le fléau de la corruption, car c’est à ce prix que les talents pourront s’exprimer pleinement, que les opportunités seront équitablement réparties et que la confiance entre les citoyens et les institutions pourra être restaurée. »

Mais au-delà du constat, « L’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement de lutter contre la corruption, mais de transformer des normes en pratiques et de garantir aux jeunes un avenir plus juste où l’intégrité devient la norme et non l’exception. Et c’est à ce rendez-vous de l’avenir que LEL souhaite apporter sa contribution. »

À la lecture du rapport “Stolen Futures: How Corruption Hurts Young People” (UNODC, février 2026), une réalité s’impose avec clarté : la corruption continue de fragiliser les trajectoires des jeunes, mais elle ne parvient pas à étouffer leur volonté d’agir. Ce rapport, porté par leurs voix, nous rappelle que derrière chaque statistique se cache une ambition, un rêve, une dignité à préserver.

À Leading Ethics Lab, nous réaffirmons notre engagement à faire de l’intégrité un levier concret de transformation. Nous croyons qu’en créant des cadres plus justes, en valorisant le mérite et en protégeant la parole des jeunes, il est possible de restaurer la confiance et de redonner à chacun la place qu’il mérite dans la construction de l’avenir. 

Pour rappel, Leading Ethics Lab est un cadre d’innovation, de réflexion et d’action, conçu par des jeunes Togolais aux expertises diverses, couvrant plusieurs disciplines et s’étendant à différents contextes internationaux et géographiques. Elle est dédiée à la diffusion des principes éthiques dans les sphères publique, privée et communautaire. Fidèle à sa vision de « donner des ailes à l’éthique en Afrique », LEL s’engage à faire de l’intégrité non seulement une valeur, mais un levier de transformation sociale durable.


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